FOCUS SUR LA COOPÉRATION SCIENTIFIQUE FRANCO-CHILIENNE À L’OCCASION DE LA JOURNÉE MONDIALE DE L’OCÉAN – Institut français du Chili

FOCUS SUR LA COOPÉRATION SCIENTIFIQUE FRANCO-CHILIENNE À L’OCCASION DE LA JOURNÉE MONDIALE DE L’OCÉAN

Par Safia, lundi juin 7th, 2021
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Photo : ©Maéva Bardy – Fondation Tara Ocean

Entre février et mai 2021, l’Institut français et l’Ambassade de France au Chili ont accompagné la venue de la goélette Tara, qui navigue pour la troisième fois déjà dans les eaux territoriales chiliennes. 

L’objectif de la nouvelle expédition, intitulée Microbiomes, est de connaître le peuple invisible de l’océan et le rôle qu’il joue pour le fonctionnement du climat global. Elle est partie le 12 décembre 2020, jour anniversaire de l’Accord de Paris, et longera durant trois ans les côtes d’Amérique puis d’Afrique, en passant par l’Antarctique. 

Une fois de plus, ce bateau scientifique unique au monde a donné l’occasion de réunir la France et le Chili, pour penser et donner à voir leurs positions communes autour des problématiques environnementales.

Cette mission a renforcé la coopération autour de la relation entre climat, océan et biodiversité dans tous les domaines : scientifique et universitaire, politique, culturel, linguistique. 

À la barre, les chercheurs explorent l’infiniment petit grâce à différents programmes auxquels ont pris part plusieurs centres chiliens et franco-chiliens. Ces derniers, réunis le 8 juin 2021, Journée mondiale de l’océan, lors d’un événement scientifique de haut niveau débattent des premiers résultats de l’expédition. Le programme CEODOS rassemble ainsi neuf centres d’excellence en biologie, sciences de la mer, génomique, mathématiques, intelligence artificielle, parmi lesquels le Centre de modélisation mathématique (CMM) et Inria Chile, acteurs incontournables de notre coopération. Les 3500 échantillons collectés au cours des derniers mois renseignent sur les interactions entre les écosystèmes terrestres et océaniques. Mais ils parlent surtout d’aventures humaines où se croisent des équipes interdisciplinaires pour faire face aux défis mondiaux.

La relation entre climat, océan et biodiversité est si étroite qu’elle doit s’intégrer au coeur des négociations politiques sur la protection de notre planète, dans la lignée de la COP25 que le Chili avait organisée et qui représentait la première COP Bleue, sur le chemin de la COP26 de Glasgow prévue en novembre 2021, et, au-delà, en vue de l’ouverture d’une possible « décennie de l’océan » pour la diplomatie climatique multilatérale. C’était sur le pavillon de Tara qu’avait été adoptée, lors de la COP21 à Paris, la première déclaration Because the Ocean, à laquelle la France et le Chili avaient été parmi les premiers pays à s’associer. À l’instar de l’atelier politique de haut niveau De la science à la politique organisé en avril 2021, les actions de coopération franco-chilienne doivent continuer à traduire les dernières avancées scientifiques en actions politiques internationales. 

C’est à pleines voiles qu’il nous faut désormais naviguer, en entraînant dans le sillage de la goélette l’ensemble de la société. Les dispositifs éducatifs ainsi que les arts jouent ici un rôle fondamental. En collaboration avec nos partenaires culturels, l’Institut français, Actes Sud, la Villa Gillet, nous avons permis à l’écrivain Wilfried N’Sondé de passer un mois à bord de la goélette pour préparer une fiction autour de l’exploration du plancton. D’une grande générosité, l’écrivain nous a offert cinq sonnets au fil de son aventure à bord. Les apprenants de français des alliances, de l’université de Concepción  de l’Institut français ont échangé avec Wilfried sur son expérience à bord et sur ses romans précédents. Deux classes du réseau de l’AEFE et une classe de Lyon ont suivi un atelier d’écriture avec l’écrivain. À distance, ce sont près de deux milles élèves du réseau de l’AEFE chilien qui ont pu monter à bord, échanger avec les scientifiques et l’équipage. Les actions de médiation avec les jeunes, les enfants, les adolescents sont des gouttes d’eau qui permettront de trouver des solutions pour s’adapter au changement climatique. 

 

 

Si le microbiome joue un rôle fondamental pour le climat global, l’accompagnement de la goélette Tara est aussi fait de micro gestes, de micro actions, de micro interactions menées par un grand nombre de personnes invisibles qui font aussi cette coopération. 

Ces gouttes d’eau qui forment aussi l’océan mondial montrent combien les avancées relatives au changement climatique s’appuient sur la construction d’un réseau solide d’acteurs à l’interface entre le politique, le scientifique et nos sociétés. La France et le Chili sont à la fois les témoins et les acteurs majeurs de la lente construction d’une gouvernance climatique globale au devant de l’urgence climatique.